Vacances et santé : 5 idées reçues qui ont la vie dure
Mythes et réalité : entre conseils transmis de génération en génération et informations approximatives, il n’est pas toujours facile de distinguer le vrai du faux. Tour d’horizon de cinq idées reçues qui méritent d’être remises en question.
Publié le 9 juillet 2026
Mythe n°1 : « Il faut attendre 3 heures après avoir mangé avant de se baigner »
Réalité
“Ne vas pas te baigner après avoir mangé Lucas !”
Vous avez sûrement déjà entendu cette phrase au moins une fois. L’idée selon laquelle il faudrait attendre plusieurs heures après un repas avant de se baigner n’est pas étayée par les connaissances scientifiques actuelles. Cette croyance repose notamment sur l’idée que la digestion mobiliserait une grande partie du flux sanguin vers l’estomac, privant les muscles de l’oxygène nécessaire à l’effort, ou qu’elle augmenterait suffisamment la température corporelle pour favoriser une hydrocution.
Aujourd’hui, de multiples études ont été effectuées, notamment par des experts Canadiens et Américains de la Croix Rouge. Si une partie du sang est effectivement dirigée vers le système digestif après un repas, cela ne compromet pas la capacité de l’organisme à alimenter les muscles sollicités lors d’une baignade.
De même, l’augmentation de la température corporelle associée à la digestion est minime. Aucune relation directe n’a été démontrée entre le fait de manger avant de se baigner et la survenue de crampes, de malaises ou de noyades. En revanche, après un repas très copieux, il est préférable d’éviter les efforts intenses et d’entrer progressivement dans l’eau, notamment lorsque celle-ci est fraîche, afin de limiter le risque de choc thermique.
Mythe n°2 : « Un peu de soleil sans crème, ça ne fait pas de mal, surtout quand le ciel est nuageux »
Réalité
La présence de nuages ne protège pas efficacement contre les rayons ultraviolets (UV). Selon l’Organisation mondiale de la Santé, une part importante du rayonnement UV traverse la couverture nuageuse. Certains nuages fins peuvent même disperser les UV et augmenter localement l’exposition.
Par ailleurs, l’eau, le sable ou encore l’écume de la mer réfléchissent une partie des rayons, ce qui accroît la dose totale reçue par la peau. Ainsi, le risque de coup de soleil et les effets cumulatifs du soleil sur le vieillissement cutané ou le développement de cancers de la peau persistent même lorsque le ciel semble couvert.
Mythe n°3 : « Je ne transpire pas, donc je ne me déshydrate pas »
Réalité
L’hydratation de l’organisme ne dépend pas uniquement de la quantité de sueur visible. Le corps perd continuellement de l’eau par la respiration, les urines et la transpiration, y compris lorsque celle-ci passe inaperçue. En période de fortes chaleurs, ces pertes augmentent afin de maintenir une température corporelle stable. Or, la sensation de soif n’est pas toujours un indicateur précoce de déshydratation, notamment chez les personnes âgées. C’est pourquoi les autorités sanitaires recommandent de boire régulièrement tout au long de la journée, sans attendre d’avoir soif.
Mythe n°4 : « Pas besoin d’emporter tout mon traitement, j’en achèterai sur mon lieu de vacances »
Réalité
La continuité des traitements constitue un enjeu majeur de santé, en particulier pour les personnes atteintes de maladies chroniques.
L’Assurance Maladie recommande de prévoir l’intégralité de son traitement pour la durée du séjour ainsi qu’une marge de sécurité en cas d’imprévu. Selon la destination, certains médicaments peuvent être indisponibles, soumis à une réglementation différente ou nécessiter une prescription médicale locale. Voyager avec ses médicaments dans leur emballage d’origine et conserver une ordonnance facilite également les contrôles et la prise en charge en cas de problème de santé sur place.
Mythe n°5 : « L’eau de mer désinfecte les plaies »
Réalité
L’eau de mer n’est pas un antiseptique. Bien qu’elle soit salée, elle contient naturellement des bactéries, des micro-organismes et diverses particules en suspension.
Une plaie ouverte exposée à l’eau de mer peut donc être contaminée et présenter un risque accru d’infection. En cas de coupure ou d’éraflure, les recommandations de premiers secours privilégient un nettoyage à l’eau potable ou au sérum physiologique, suivi de l’application d’un antiseptique adapté. Une surveillance particulière est recommandée si la plaie devient rouge, douloureuse ou présente un écoulement anormal.